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Le Marché  | Perspectives 2010
2009 a été une année à la fois difficile et contrastée pour l’immobilier de bureaux européen. D’après l’étude menée par le cabinet Cushman & Wakefield France sur les 19 métropoles d’Europe, il est ressorti une forte détérioration du marché des bureaux, après sa relative résistance durant l’année 2008. Dans les 19 villes les plus importantes du continent, la demande placée de Londres à Moscou a ainsi péniblement atteint les 3,2 millions de mètres carrés, soit une baisse de 45 % en un an.

De fortes disparités sont apparues d’un pays à l’autre. Frappés plus tôt que les autres pays, l’Espagne, l’Irlande et le Royaume-Uni ont accusé des reculs de la demande, de 59 % à Madrid, de 69 % à Dublin et de 54 % à Londres. Les marchés allemand, belge et néerlandais ont mieux résisté : les volumes de demande placée se sont rétractés de 19 % à Berlin et 21 % à Francfort.

Il a fallu attendre le quatrième trimestre pour observer une reprise des transactions, sur la quasi-totalité des marchés européens : BNP Real Estate, qui a étudié les 25 villes européennes les plus importantes, estime à 2,6 millions de mètres carrés le volume des transactions du dernier trimestre 2009. En revanche, les stocks se sont gonflés dans la quasi-totalité des villes européennes pour atteindre l’équivalent de 4,2 années de transactions, contre 2,6 années au quatrième trimestre 2008.
 
La France se fond dans ce paysage morose. On y retrouve un recul, de près de 45 % par rapport à 2008, des investissements dans l’immobilier d’entreprise, avec 8,4 milliards d’euros engagés. Ce total se répartit entre les bureaux pour 63 %, les commerces pour 19 %, les entrepôts pour 5 % et les services pour 11 %. La part des commerces a fortement augmenté : elle n’était que de 8 % l’année précédente.

Quant aux transactions, elles se sont fortement repliées, du moins jusqu’au dernier trimestre. Contrairement au reste du pays, l’activité a pu se poursuivre en Ile-de-France, mais à un rythme très ralenti.

C’est là que se sont concentrés les investissements en 2009, pour atteindre 5,2 milliards d’euros, et ce malgré un recul de 39 % sur un an. Durant le premier semestre, les rares transactions ont porté sur des montants unitaires peu élevés, de l’ordre de 20 à 30 millions d’euros. à la fin de l’année, en revanche, 5 opérations supérieures à 100 millions d’euros et 25 de plus de 40 millions sont intervenues en Ile-de-France. Dans le Quartier Central des Affaires de Paris, ou QCA, où SFL détient 72,4 % de son patrimoine, les montants investis ont atteint 2 milliards d’euros, soit 39 % du total des transactions en Ile-de-France, au détriment du « croissant Ouest ». Les taux de rendement y sont restés stables.

Les professionnels de l’immobilier ont fait preuve d’une grande capacité d’adaptation en arrêtant les projets de construction « en blanc », afin de ne pas peser sur les stocks. De ce fait, le taux de vacance est resté raisonnable. Il s’établit à 7,4 % en Ile-de- France, contre 5,6 % en 2008.

Cette maturité s’imposait dans un marché locatif des bureaux dégradé. D’un montant de 1,8 million de mètres carrés, les volumes locatifs traités ont en effet reculé de 24 % en Ile-de-France et le stock a grossi de près d’un tiers, à 3,6 millions de mètres carrés. A l’intérieur du QCA, les volumes locatifs traités, qui représentent 19 % du total en Ile-de-France, ont reculé moins fortement, soit une baisse de 6 % en un an. Le stock d’immeubles immédiatement disponibles s’est accru de moitié, pour donner un taux de vacance de 5,6 %.
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